Une piscine destinée à une activité touristique est, à toutes fins utiles, une piscine à usage public. En effet, la législation italienne en matière de sécurité sanitaire des piscines ne considère pas la propriété, publique ou privée, comme un facteur discriminant, mais le type d’utilisation. Depuis la publication de l’accord État-Régions sur les aspects hygiéniques et sanitaires de la construction, de l’entretien et de la surveillance des piscines destinées à la natation en 2003, les piscines des structures d’hébergement touristique sont devenues des piscines à usage public à part entière. En effet, ces structures appartiennent à la catégorie A2 (piscines à usage collectif) : « Il s’agit de celles incluses dans des structures déjà utilisées, à titre principal, pour d’autres activités d’hébergement (hôtels, campings, complexes d’hébergement, etc.) ainsi que celles au service de collectivités, salles de sport ou autres, accessibles uniquement aux hôtes, clients, membres de la structure elle-même« . Depuis 2003, donc, les piscines des campings, celles des hôtels, ou celles installées dans les plages équipées, étant des installations à usage public, sont soumises à des contrôles par les autorités compétentes et également à des obligations de contrôle précises de la part du gestionnaire lui-même. L’accord de 2003 a en effet établi que les contrôles des piscines à usage public se divisent en deux catégories : les contrôles externes, c’est-à-dire ceux effectués par les autorités sanitaires, et les contrôles internes, c’est-à-dire ceux effectués par le gestionnaire de l’établissement ou la personne qu’il a désignée.
La première obligation est d’identifier et de désigner le responsable de la piscine, c’est-à-dire la personne qui « doit garantir la gestion correcte du point de vue hygiénique et sanitaire de tous les éléments fonctionnels du complexe qui contribuent à la sécurité de la piscine, conformément aux indications données ci-après » (point 6.1). Dans certaines régions, comme la Toscane par exemple, les amendes prévues par la loi régionale pertinente sont imposées directement au gestionnaire de la piscine et non au propriétaire de l’activité.
Les contrôles internes sont décrits au point 6.2 de l’accord de 2003 : « Les contrôles internes doivent être effectués selon des protocoles de gestion et d’autocontrôle : à cette fin, le responsable de la piscine doit établir un document d’évaluation des risques, dans lequel chaque phase pouvant s’avérer critique dans la gestion de l’activité est envisagée. Ce document doit tenir compte des principes suivants : (a) analyse des risques potentiels pour la santé et l’hygiène de la piscine ; (b) identification des points ou des phases où ces dangers peuvent se produire et définition des mesures préventives pertinentes à prendre ; (c) identification des points critiques et définition de leurs limites critiques (d) définition du système de surveillance (e) l’identification des actions correctives ; (f) la vérification du plan et son réexamen périodique, y compris en cas de modification des conditions initiales, des analyses de risques, des points critiques et des procédures de contrôle et de surveillance. Le gestionnaire doit veiller à ce que les procédures définies dans le document d’évaluation des risques soient appliquées, maintenues et mises à jour ».
Dans ce document, appelé au fil du temps « plan d’autocontrôle » pour le distinguer du DVR sur la sécurité des travailleurs, les procédures de gestion des piscines, y compris les analyses quotidiennes (sur le terrain) et périodiques (en laboratoire) de l’eau, doivent être indiquées.
En outre, toujours selon l’accord de 2003, « le responsable doit également tenir à la disposition de l’autorité de contrôle les documents suivants, établis selon des systèmes de contrôle appropriés et éventuellement automatisés : a) un registre des exigences technico-fonctionnelles indiquant la taille et le volume de chaque réservoir, le nombre et le type de filtres, le débit des pompes, le système d’entretien, etc. b) un registre des contrôles de l’eau des citernes contenant: b1) les résultats des contrôles du chlore actif libre, du chlore actif combiné, de la température, du pH ; b2) le relevé du compteur installé sur la conduite d’eau d’alimentation, utile pour calculer la quantité d’eau d’appoint ; b3) la quantité et le nom des produits utilisés quotidiennement pour la désinfection de l’eau ; b4) la date de l’échantillonnage pour l’analyse de l’eau ; b5) le nombre de visiteurs de l’installation. La documentation relative aux contrôles et enregistrements effectués par le responsable est à la disposition de l’Unité Sanitaire Locale qui pourra ainsi obtenir toutes les informations concernant la nature, la fréquence et les résultats des analyses effectuées. Si, à la suite de l’auto-inspection effectuée, le responsable constate des valeurs de paramètres hygiéniques et sanitaires incompatibles avec une gestion correcte de la piscine, il doit prendre des mesures pour résoudre le problème et/ou rétablir des conditions optimales. Si la non-conformité constatée peut constituer un risque pour la santé, le propriétaire de l’installation doit en informer rapidement l’unité sanitaire locale. La documentation visée aux paragraphes précédents est à la disposition de l’autorité sanitaire pendant une période d’au moins deux ans.
Les paramètres de référence des substances contenues dans l’eau de piscine sont ceux énumérés dans le tableau A de l’annexe 1 de l’accord de 2003. Mais quels sont les contrôles à effectuer et à quelle fréquence ? La réponse est dans la norme UNI 10637, qui les énumère dans le tableau 2, et nous les indiquons dans le tableau suivant.

Pour les piscines de type A, des analyses microbiologiques de l’eau de la piscine doivent être effectuées tous les mois. Si les analyses de 4 mois consécutifs n’ont pas détecté d’écart par rapport aux limites du tableau A de l’accord de 2003, la fréquence peut être ramenée de mensuelle à bimestrielle. Si l’une des analyses bimestrielles suivantes détecte une non-conformité, la fréquence mensuelle doit être rétablie jusqu’à ce qu’une nouvelle période de quatre mois consécutifs ait été respectée. La première analyse doit être effectuée avant le début de l’activité.
En conclusion, pour gérer une piscine publique, il est nécessaire de mettre en place un processus de gestion avec suivi, en effectuant des contrôles pour lesquels des registres doivent être tenus. Le responsable de la piscine est la personne de référence qui doit rédiger le manuel d’autocontrôle et décider des opérations à effectuer, ainsi que des tests de vérification, pour maintenir la piscine saine et sûre.
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